Paris-Pékin en stop (Partie 8) : En autonomie autour du plus grand lac du monde

Coucher du soleil sur le lac Baïkal

Après une traversée éclair de la Russie en stop avec comme apogée un match de la France à la Coupe du Monde vu gratuitement dans le stade de Kazan, j’arrive enfin vers la première grande attraction de ce Paris-Pékin en stop : le Lac Baïkal. Le Baïkal, c’est l’endroit de tous les superlatifs. Le plus vieux, le plus profond, et le plus grand lac au monde. Il ne contient pas moins de 20% de l’eau douce terrestre. Rien que ça.

J’attends de visiter ce lac depuis plus de 5 ans, après avoir lu d’une traite tous les bouquins de Sylvain Tesson, l’aventurier Français, qui retraça à pied l’itinéraire des évadés des goulags du Nord de la Sibérie, qui longeaient le lac avant de rejoindre la civilisation.

Comment échapper aux touristes ??

Le Baïkal est tellement sauvage, qu’il existe très peu de points accessibles et évidemment, ils sont tous pris d’assaut par les touristes, Chinois pour la plupart. Les principales zones touristiques sont Lystvianka, au Sud, et l’île d’Olkhon, à l’Ouest du lac. J’ai passé quelques nuits blanches à vagabonder sur Google Maps et j’ai fini par me concocter un itinéraire de 6 jours à pied dans un endroit très reculé, où j’aurais plus de chances de croiser un ours qu’un Chinois.

Mon itinéraire

Je décide donc de faire du stop en direction de Bougouldieka, un petit village de pêcheur perdu sur le Baïkal. De là, je compte rejoindre l’île d’Olkhon, plus touristique mais avec des paysages tellement beaux que je ne veux pas passer à côté. Il y a environ 100km de marche et je me donne 6 jours en y allant tranquille.

J’ai tout préparé : 6 jours de nourriture, mon matos de camping, un bon couteau et même… une canne à pêche, achetée en Russie, avec laquelle je compte bien agrémenter mes repas à base de nouilles chinoises.

Le début de la rando

Naïf, je me lance à l’assaut du Baïkal. Un gentil couple me dépose à Bougouldieka, et ne semble pas bien comprendre ma démarche. Ils ne veulent pas me laisser partir !! Il faut dire qu’à peu près tout le monde m’avait déconseillé de partir seul dans cet endroit sauvage. Qu’à cela ne tienne, j’y suis j’y vais ! Je traverse quelques micro-villages dans la forêt, les habitants me regardent ébahis mais ne viennent pas à ma rencontre. Moi non plus. Mon objectif et d’arriver le soir sur les rives du lac et d’être complètement seul. Après 4h de marche dans une forêt très vallonnée, je suis épuisé. J’ai parcouru à peine 10km et le sentier se décide enfin à descendre vers le lac, que je n’ai pas encore aperçu. A la tombée de la nuit, j’arrive enfin. Un spectacle époustouflant. Je suis seul sur les berges du plus grand lac au monde !!

Elle est fraîche, mais ça fait du bien

La vue est à couper le souffle. Le lac est vraiment infini, et se confond avec la brume du soir qui vient s’échouer sur les falaises. Il règne un calme plat, pas un bruit. Je marche encore 15mn et trouve une table en bois, avec un endroit pour faire du feu. Il ne m’en faut pas plus et je m’empresse de monter ma tente avant la nuit. Je prépare mon repas du soir et le mange près d’un feu de camp bien mérité.

Le bonheur de la simplicité

J’ai tellement faim que je m’enfile rapidement mes nouilles chinoises. Comme il fait encore jour, je décide de tester ma canne à pêche, malheureusement sans succès. Mais la vue est suffisante et la pêche n’est qu’un prétexte pour apprécier pleinement le Baïkal.

Nico le pêcheur sibérien

Dans l’enfer de la Sibérie

Au petit matin, je sors de ma tente et surprise !! Des chevaux sauvages m’attendent à même pas 10 mètres !! Ils ont l’air assez surpris de me voir ici et protègent les poulains avec défiance. Je ne tente même pas de m’approcher.

Mieux vaut rester loin

Je range le camp, prends mon petit dèj et me remets à marcher sur les coups de 9h. On ne dort jamais beaucoup dans la tente, qui fait office de four dès que le soleil se lève. Mon but est de marcher sur les rives du lac pour éviter d’avoir à le contourner par les forêts très vallonnées, et sans sentiers. Mais au bout de 15mn, je me rends compte que c’est impossible. Les falaises sont abruptes et tombent directement dans le lac. Impossible de longer la rive, il faut passer par les terres. Je me lance alors dans l’enfer des forêt Sibériennes. Sans chemin, en pente, je tente de me frayer un chemin à travers la végétation et les insectes. Dès que je m’arrête, une douzaine de fourmis me grimpent dessus. Entre chaque arbre, des toiles d’araignées immense me barrent la route. Un véritable calvaire. En plus de 6h, je ne fais que 4km…

Dans le malus

Quatre jours au paradis

Au bout d’un moment, je me rends bien compte que je ne pourrais pas faire 100km comme ça. Il faut se rendre à l’évidence, le Baïkal n’est pas fait pour qu’on y marche autour. Je suis en pleine forêt, je ne peux même pas profiter de la vue ! Il faut parfois laisser son amour propre de côté et renoncer. Mais j’ai encore 4 jours de bouffe dans le sac et je ne compte pas rejoindre la civilisation de si tôt ! Je jette un œil à la carte et repère ce qui ressemble à une vallée qui mène au lac quelques kilomètres plus loin. Je décide de m’y rendre pour passer la nuit.

Quand j’arrive sur les berges du lac, au fond de la vallée, j’hallucine complètement. L’endroit est juste magnifique !! Je plante ma tente et me dis que ce n’est pas le pire endroit du monde où passer quatre jours.

Mon paradis à moi

Coin pour la tente à l’ombre, table de camping, endroit pour le feu, c’est par-fait !! Je reste donc quatre jours dans cette vallée à profiter du Baïkal, à pêcher (sans succès), faire mon petit feu de camp (avec succès), boire l’eau si pure du lac, explorer les environs et gravir les sommets environnants pour avoir une vue magnifique à 360°. Je n’ai vu absolument personne durant ces six jours. Tous les matins ma seule compagnie étaient les chevaux sauvages et à la nuit tombée, j’entendais des rugissements d’ours au loin dans la vallée. Effrayant. Après quatre jours dans ce paradis de Sibérie, je n’ai plus de quoi me nourrir et je reviens à la civilisation en une journée de marche. Les locaux hallucinent complètement en me voyant sortir de la forêt. Certains me demandent si j’ai vu des ours, et d’autres sont intrigués par ma canne à pêche et me demande si j’ai réussi à pêcher. Non et non ! Mais croyez moi, quand vous entendez des ours, vous priez pour ne pas en voir… Allez quelques photos !!

The wanderer

Le plus beau resto du monde

Le pêcheur du Dimanche

Le campement à la nuit tombée

La vue depuis ma tente

L’avancement du voyage

 

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– Nicolas

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