Paris-Pékin en stop (Partie 6) : Le match de la France à la Coupe du Monde gratuitement ??

paris pékin en stop

Tout le monde me disait que c’était impossible, alors je l’ai fait

Je vous avais laissé dans l’Episode 5 dans une banlieue miteuse de Moscou, épuisé après 3 jours de voyage et la traversée de la frontière Russe à pied. Le lendemain, je me lève aux aurores avec un but précis : rejoindre la ville de Kazan, à 800km de Moscou en moins de trois jours. Car dans trois jours, c’est le premier match de la France à la Coupe du Monde 2018. 800 bornes en trois jours, ça peut paraitre facile comme ça. Mais en stop dans des camions sur les routes de Russie, rien n’est jamais sûr.

Evidemment je n’ai pas de place pour le match qui est d’ailleurs affiché complet. Mais je compte sur la bonne étoile qui me suit depuis le début du voyage et je suis très confiant sur mes chances de dégoter un billet.

Première étape : sortir de Moscou

Sûrement l’étape la plus difficile. En effet, je suis dans la banlieue de Moscou et la plupart des véhicules ne sortent pas de la ville. Je pars donc dans une station service sur la route de Vladimir, une ville 100km à l’Est. Je prends mon courage à deux mains et je demande à une première voiture dans un Russe approximatif : « Ja jedu avtostopom vi Vladimir. Jahiti vi etom napravleni ? ». Et là, miracle. Les conducteurs sourient et me répondent : « Da ! Da ! ». Oui Oui. Je bénis ma bonne étoile et grimpe dans la voiture. J’ai affaire à trois potes Biélorusses d’une cinquantaine d’années. Deux mecs et une nana. Ils conduisent deux voitures et une personne dort à l’arrière d’une d’entre elles. Je fais office de quatrième larron et je m’étale littéralement à l’arrière de la deuxième voiture pour continuer ma nuit de sommeil.

paris pékin en stop

Moi et ma petite tête d’homme fatigué

Au bout de 100km, les conducteurs s’arrêtent et me demandent si je veux m’arrêter là ou continuer avec eux. En fait on s’était mal compris et ils se trouvent qu’ils vont à Ekaterinbourg, encore plus loin que Kazan !! Evidemment, je leur dit que si ça leur convient, je vais continuer avec eux et on repart pour 800km, soit une grosse grosse journée de voiture. Heureusement que je suis bien calé à l’arrière !! Les kilomètres défilent et j’essaye d’engager la conversation avec mes nouveaux amis Biélorusses. Mais la barrière de la langue est trop grande et je ne sais toujours pas ce qu’ils vont faire à Ekaterinbourg.

A la tombée de la nuit, on s’arrête pour manger. La scène est surréaliste, des stands de poissons entiers fermentés sur le bord de la route. Je vomis et on rentre dans un « restaurant » et je commande un plat au hasard car je ne comprends pas la carte, et personne ne peut me traduire. Je me retrouve avec une sorte de purée, je suis soulagé. Je regarde les Biélorusses dévorer le poisson pourri et goûte quand même un bout histoire de dire. Quand ils m’en tendent un deuxième, je retiens mes larmes.

La dream team !

Vers 2h du matin, ils me déposent dans la banlieue de Kazan où je prends un motel. Je réveille la gardienne qui dormait à poings fermés et lutte pour avoir une chambre. Elle photocopie mon passeport et mon visa pendant 20 minutes interminables et je peux enfin aller me coucher.

Un match de la coupe du monde gratuitement ??

Le lendemain, je me réveille avec  une mission. Trouver une place pour le match de l’équipe de France. Je commence à checker sur le site de la FIFA mais rien à faire, tout est vendu. Je me rends donc au point de vente de billets à Kazan. Je parle au staff et leur explique que je cherche un billet pour le match et tout le tralala. Evidemment, ils me disent que tout est vendu… Et là, miracle ! La seule et unique personne avec moi dans la billetterie vient me voir et me dit : « Mec j’ai une place en trop pour le match, un pote à moi n’est pas venu. Prends la, je te la donne. Je ne l’utiliserais pas de toutes façons, je ne veux pas d’argent. » Je reste médusé et prends le billet devant le staff de la FIFA qui me regardent hilares en mode « Appelle ta femme mon gars, c’est pas croyable d’avoir une telle chance ».

Le seul problème me dit le staff, c’est que le billet n’est pas à mon nom. Normalement, ce n’est pas possible de rentrer dans le stade si le billet et le nom ne correspondent pas. Je regarde sur internet et lis des avis différents sur le sujet. Certains disent qu’il n’y a pas vraiment de contrôles et d’autres jurent qu’il y a des écrans avec des contrôles de papiers. On verra bien. C’est déjà une belle histoire.

Le même soir, c’est le match d’ouverture de la Coupe du Monde : Russie Arabie Saoudite. Je me rends à la Fan Zone, une scène ouverte avec un écran géant dans un parc de Kazan et me mets à la recherche de Français.

paris pékin en stop

L’amitié Franco-Australienne avant le match

Comme si autant de chance ne suffisait pas en un jour, je tombe par hasard sur un pote à moi de Paris (sur la photo) à la Fan Zone. Il y avait des milliers de personnes et c’est donc une rencontre pour le moins inattendue. Surtout qu’il ne savait pas du tout que j’étais à Kazan et je ne savais même pas qu’il venait en Russie. Décidément, ma bonne étoile me suit partout aujourd’hui.

Pendant que les Russes mettent une claque à l’Arabie Saoudite (5-0) on passe la soirée à faire la fête avec les supporter Australiens, qui sont 3 fois plus nombreux que les Français. L’ambiance est incroyable et bon enfant et nous chantons des chants de supporters devant une foule de Russes médusée qui fait un cercle autour de nous. Il faut dire que pour des Russes de nature calme et réservée, la confrontation Franco-Australienne relève de la démence.

Jour-J : Je rentre ou je rentre pas ?

Bon si vous avez cliqué sur le lien de l’article, vous savez que je suis rentré. Les contrôles au stade étaient une vraie blague et je suis entré sans aucun problème. En plus, mon siège était super bien placé et j’ai pu profiter du match depuis le 18e rang, un vrai régal !!

paris pékin en stop

La vue depuis mon siège. Royal !

La France finit par s’imposer laborieusement, sous le regard dépité de la foule de supporters Australiens autour de moi. Le lendemain, il est temps pour moi de repartir sur les routes de Russie et de vivre une vie de camionneur. Et croyez moi, ce n’est vraiment pas de tout repos ! Mais ça sera dans l’épisode 7 de cette aventure Paris Pékin en stop !

L’avancement du voyage

 

Episode précédent : Je traverse la frontière Russe à pied !

Episode suivant : Ma vie d’auto-stoppeur avec les camionneurs Russes

– Nicolas

 

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