Paris-Pékin en stop (Partie 12) : Deux semaines de moto en Mongolie !!

moto mongolie

A toute berzingue dans la steppe !

Après une arrivée complètement dingue à Oulan-Bator et quelques virées en van avec mon pote Jamie, il est temps de passer aux choses sérieuses et de visiter la Mongolie profonde. Et pour ça, je ne serai pas seul ! En effet, Brice, un de mes meilleurs amis en France, m’a rejoint le jour de mon anniversaire à Oulan-Bator. Il vient pour deux semaines, et nous avons pour objectif de louer deux motos et de nous perdre dans les belles steppes de Mongolie.

Un départ compliqué

Le seul hic dans ce beau programme, c’est que je n’ai jamais fait de moto de ma vie. Et vu l’état des routes en Mongolie, sans parler de la compétence des conducteurs locaux, mieux vaut être un minimum expérimenté. Le premier jour, nous nous rendons dans la boutique de location de moto pour un essai. Je suis un peu stressé car on m’a rapporté que la nana de la boutique avait déjà refusé de louer à des débutants. Heureusement, Brice est un motard chevronné et il m’apprend les rudiments de la conduite. J’ai un peu de mal à comprendre le fonctionnement du passage des vitesses mais au moins, on a le droit de louer les motos.

Le lendemain, on y retourne et on part (enfin) d’Oulan-Bator direction l’Ouest ! C’est la première fois dans mon périple Paris-Pékin en stop que je prends la direction de l’Ouest ! Pour éviter de conduire en ville, on décide d’entrée de couper par les montagnes et c’est sur un chemin très cabossé que je fais mes premiers kilomètres en moto.

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Brice, pourfendeur de la steppe

Après avoir rejoint une route décente, nous conduisons une centaine de kilomètres jusqu’à la ville de Lùn. L’objectif était d’atteindre le lac Ugii mais 20 kilomètres avant Lùn, nous avons essuyé un énorme orage. Comme je ne me sentais absolument pas de conduire sous la pluie le premier jour, on s’est calmement réfugié dans une station service pendant deux bonnes heures…

Le deuxième jour, la route se passe sans encombre jusqu’au lac où on plante la tente. Le lac n’a rien d’exceptionnel et c’est très compliqué de camper autour à cause de tous les marécages. On trouve néanmoins un spot pas mal et je me remets à mon occupation préférée : la pêche ! Je m’y atèle pendant une heure et tends la canne à Brice qui a autant d’expérience en pêche que moi en moto. La chance du débutant lui permettra de sortir un poisson en moins de trois minutes…

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Il est aussi rassuré avec un poisson que moi en moto

Après cette première nuit en tente, il est temps de partir vers le Nord. Nous avons prévu une boucle qui monte jusqu’au lac Khovsgol, au nord du pays. A la mi-journée, après avoir roulé quatre heures sur des chemins de terre chaotiques pour parcourir 70 malheureux kilomètres, on a vite revu à la baisse notre trajet. Nous qui avions tablé sur du 200 bornes par jour on s’est vite rendu compte que si on voulait profiter un minimum, voire se poser à des endroits cools, il fallait réduire. On a donc décidé de faire une croix sur le lac et d’aller vers l’Ouest sans plan précis. De toutes façons, comme tous les touristes se retrouvent dans les mêmes endroits, le plus authentique reste de vagabonder un peu au hasard.

Et grand bien nous en a pris car l’après midi fût absolument parfaite. Après quelques heures à rouler seuls dans des steppes magnifiques, nous arrivons à la tombée de la nuit près d’une rivière où sont posés des nomades et leur yourte. Je décide d’aller à leur rencontre.

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Très intrigués par la caméra

L’hospitalité à la Mongole

En Mongolie, quand on est en train de faire un trajet en cheval ou à moto, il est normal de s’arrêter dans une yourte au hasard, de rentrer sans dire un mot, de s’asseoir sur le lit et d’attendre qu’on nous serve à manger. Evidemment, nous n’étions pas au courant de cette coutume et c’est pourquoi nous avons été un peu décontenancés à notre arrivée près de la yourte. Le chef de famille m’a aperçu quand j’étais encore sur ma moto et m’a fait de grands signes pour que je le rejoigne. Trois minutes plus tard, nous étions dans la yourte, un grand bol de fromage blanc frais à la main, et un morceau de fromage dur comme de la pierre que je me suis empressé de planquer dans ma poche.

Quand on rencontre des nomades dans la steppe, il y a 99% de chances qu’ils ne parlent pas un mot d’Anglais. Aussi, le peu de Mongol que j’ai appris (« Arrête de mentir » et « Va te coucher ») ne m’aideront pas beaucoup à entamer de grands débats mais heureusement, Brice a eu la bonne idée d’emmener un cahier et des crayons de couleurs.

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Brice qui tente d’expliquer d’où on vient

La famille se compose du chef de famille, sa femme (à droite), sa fille (à gauche), le mari de la fille et leur enfant (à gauche). Après une heure passée dans la yourte, ils nous invitent à manger. On leur fait comprendre qu’il faut qu’on plante les tentes avant la tombée de la nuit mais le temps de l’expliquer, il fait déjà nuit. Nous revenons dans leur yourte une fois notre campement dressé à un kilomètre, au bord de la rivière. Après avoir croqué dans ce qui ressemblait à du roquefort concentré à la consistance d’une tuile, nous étions assez stressés par ce qu’ils allaient faire à manger. En Mongolie, ils ne mangent que du mouton bouilli. Mais très bonne surprise, cette fois, le mouton était accompagné par des pâtes et c’était vachement bon (en gras). On aurait dit un sorte de pad thaï revisité.

Nous revenons au campement de nuit, et on se pose juste le temps de faire quelques photos du ciel sublime qui est au dessus de nous.

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Celle qui brille le plus, c’est Mars !

La famille est tellement cool qu’on a décidé de rester un jour complet dans les environs. Nous comptions les rejoindre dès le matin mais c’était avant de comprendre que l’hospitalité à la Mongole, c’est dans les deux sens. Vers 10 heures, deux nomades passent avec leur troupeau près de notre campement. Ils remarquent nos « mini-yourtes », et « garent » leur troupeau à côté des tentes. Ils marchent jusqu’à nous, et sans dire un mot, ils s’assoient entre nos deux tentes et attendent qu’on leur serve à manger et à boire. Le paquet de pépito fini, ils se livrent à une inspection en règle de nos motos avant de repartir, sans un mot.

L’après midi, nous repartons voir notre famille. Le gendre tient mordicus à nous faire essayer ses chevaux. Mais en Mongolie, les nomades laissent leur chevaux en semi liberté et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne sont pas faciles à ramener. Le mec m’a taxé ma moto et s’est livré à deux heures de course poursuite dans les montagnes pour en ramener un. Brice l’a même aidé avec sa propre moto et a eu un aperçu de ce qu’est vraiment la vie de nomade.

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Un copain motard qui siphonne un litre dans le réservoir de Brice

Après avoir essayé le cheval à tour du rôle, le chef de famille demande à ce qu’on le dépose dans la ville la plus proche à 5km. N’étant déjà pas très à l’aise sur ma moto, je n’ai pas vraiment envie de rajouter 120kg à l’arrière et c’est Brice qui s’y colle. Ce qui m’a permis de prendre une de mes photos préférées de toute la Mongolie.

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Les frères siamois

Brice revient une heure plus tard au campement. Il me raconte qu’en fait, le chef de famille n’avait pas du tout l’intention d’aller en ville et voulait juste profiter d’un petit tour de moto. Brice était très confus quand il lui a demandé de faire demi tour une fois arrivé à la ville !

Nous commençons à préparer le feu au coucher du soleil quand un nomade passe à 10 mètres de notre campement avec son troupeau de chevaux. Il traverse la rivière juste devant nous ce qui nous à offert un spectacle magnifique.

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La magie de la Mongolie[

Le soir venu, nous avons la visite surprise des deux grands-parents. Ils se sont bien habillés pour l’occasion, la femme a mis une belle robe, des collants et des bijoux et son mari une chouette chemise et son plus beau chapeau. Ils s’approchent de notre campement sans un mot et je sors mon matelas de sol en guise de chaise. Ils ont été tellement généreux avec nous qu’on leur offrirait bien tout ce qu’on a. Le problème c’est qu’on a rien du tout. Heureusement, Brice m’a ramené une bonne bouteille de vin Français en guise de cadeau d’anniversaire et c’est avec joie que je la partage avec nos hôtes.

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Apéro !!!

La journée catastrophe

Quelques jours après avoir laissé tranquille la famille de nomades, on a décidé avec Brice de sortir des grands axes de circulation (chemins de terre dans les steppes) et de couper à travers champs, dans des vallées vraiment paumées. Brice étant un motard chevronné, il était plus chargé que moi : il avait tout le matos de camping, et les vêtements contre le froid. Et comme il allait bien plus vite que moi, je le laissais partir tranquille devant et on se rejoignait toujours une demi-heure après. Mais là, on s’est perdu.

On s’était promis qu’on s’attendrait si il y avait une traversée de rivière mais le problème, c’est qu’on n’a pas traversé au même endroit. Je vous passe les détails mais il pensait que j’étais devant, et moi j’étais sûr qu’il était devant. On s’est donc perdu sur les coups de 14h. J’ai traversé une rivière tout seul (gros stress) et j’ai continué la route dans la magnifique vallée. Le problème, c’est que c’est aussi lui qui avait le seul GPS. Je me suis donc rapidement perdu. Et à partir de là ça a été du grand n’importe quoi.

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Moi, encore heureux à l’époque

J’ai continué le chemin en m’arrêtant dans chaque yourte pour demander ma direction. Je n’oublierai jamais le nom du village où je me rendais : Unduur Uulan. Nous avions prévu d’y aller le lendemain, mais sans vêtements ni matos de camping, impossible de dormir dehors ! Il fallait que j’y arrive avant la nuit.

Après avoir fait la course avec deux gamins à cheval pendant plusieurs kilomètres, traversé huit rivières et être resté coincé dans deux d’entre elles, le chemin s’élève dans les montagnes. Je m’y engage et me retrouve en pleine forêt, avec un gros dénivelé qui fait glisser la moto. Il n’y a plus aucune yourte en vue et un gros orage approche, ce qui me fait stresser car au moins, dans les vallées, j’aurais pu me réfugier dans une yourte. Je décide de continuer et me retrouve à rouler sur des rondins de bois, dans un marécage au sommet de la montagne. L’enfer. L’orage et la nuit approchent, il fait froid, mais pas le choix, il faut avancer. Au bout d’une heure de descente à toute berzingue, je vois enfin une yourte. Juste à temps car l’orage éclate pile au moment où j’arrive. Le PDG de la yourte me fait signe d’entrer, recouvre ma moto d’une bâche et me prépare un thé. Je reste une heure dans un silence de plomb sous l’orage avec sa femme et ses deux filles. A la fin de l’orage, il me dit qu’il ne reste que 20km jusqu’au village. Il fait quasi nuit mais je tente le coup.

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Une famille vidant les tripes d’un cheval un peu plus tôt dans la journée

Le problème, c’est que ma moto n’a pas de phares, je me retrouve vite dans l’obscurité, et je m’arrête à toutes les yourtes et hurle « UNDUUR UULAAN ?? ».  Je roule comme un barjo en pleine nuit, manque de percuter quelques chevaux et yaks qui me regardent passer l’air étonné. Je tombe plusieurs fois de ma moto, heureusement sans conséquences. Il est 22h quand j’arrive en vue du village, qui est plongé dans l’obscurité. L’orage a fait des siennes et toute l’électricité à été coupée dans Unduur Uulan. Je parcoure les ruelles sombres et désertes avec ma moto, en m’éclairant avec mon téléphone. Tout d’un coup, le téléphone se met à vibrer. Je capte !! Je lis les 14 messages de Brice. Il est arrivé il y a deux heures après avoir essuyé l’orage à moto et s’est fait recueillir par une famille Mongole à son arrivée au village.

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Les adieux de Brice à sa famille d’accueil

Au final, plus de peur que de mal et nous trouvons une sorte d’hôtel miteux où nous partageons une chambre avec un camionneur Mongol. Plus jamais on a laissé plus de 50 mètres entre nous.

Un monastère bouddhiste hors du temps

Quelques jours après cette journée catastrophe, nous sommes dans le parc national de Khangai Nuruu, sur le chemin du retour vers Oulan-Bator. C’est le troisième jour dans ce parc et aujourd’hui, nous avons prévu de visiter le monastère de Tovkhon xiid. Ce monastère étant assez touristique, nous décidons de tirer avantage de la liberté que nous procure la moto pour nous pointer là bas à la tombée de la nuit. Grande idée. Après avoir posé les motos et marché plus d’une heure dans la forêt, il n’y a plus aucun touriste sur place et un moine nous accueille à bras ouverts. Après avoir posé les tentes en bas du monastère qui se situe au sommet d’une montagne, le moine nous fait une visite guidée, et en Anglais s’il vous plait !

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Le temple de Tovkhon xiid à la tombée de la nuit

Le monastère n’étant pas bien grand, on décide avec Brice de se rendre au sommet de la montagne qui surplombe le monastère construit sur son flanc. C’est un peu de l’escalade, mais pas bien dangereuse. La vue du sommet est à couper le souffle mais malheureusement pour vous mesdames, vous ne pourrez pas en profiter…

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Pas de femmes et pas d’alcool, dur ces Bouddhistes…

Au petit matin, nous sommes remontés au point de vue pour un lever de soleil d’anthologie. Vers 8h, les jeunes moines ont sonné la corne qui invitent le village à la prière. En redescendant, nous avons aperçu les moines prier dans le temple principal. Evidemment nous n’avons pas osé entrer. Mais le moine qui nous avait fait la visite privée nous a fait signe de rentrer et nous avons assisté à la prière pendant plus d’une heure ! Nous étions seuls avec une dizaine de moines qui récitaient les chants tibétains, une expérience incroyable…

Voila pour le récit de ce voyage à moto. Je n’ai bien sûr pas tout détaillé, mais j’espère que vous aurez saisi la « vibe » du road-trip. La plupart des touristes se content de partir en tours organisés avec un guide. Alors oui, on voit plus de choses, de monuments, d' »attractions touristiques »… En contrepartie, le voyage à moto procure une liberté totale et permet des rencontres authentiques, contrairement aux tours qui envoient toutes les semaines des touristes dans les mêmes familles. Et en plus, c’est moins cher ! Alors pas d’excuse, et filer louer une moto en Mongolie !

L’avancement du voyage

 

 

Episode précédent : Paris-Pékin en stop (Partie 11) : Le Spring-Break Crew !!

 

– Nicolas

 

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