Paris-Pékin en stop (Partie 13) : Trois jours de randonnée à camper sur la muraille de Chine !!

randonnée muraille de chine

Lever de soleil sur la grande Muraille

Après deux semaines de road-trip à moto dans les tréfonds de la Mongolie, il est temps de me diriger vers le dernier pays de mon périple Paris-Pékin en stop : la Chine. Grâce aux conducteurs Mongols pas vraiment à cheval sur les limitations de vitesse, il ne me faut qu’une journée pour rejoindre la frontière Chinoise depuis Oulan-Bator. De là, les choses se compliquent un peu car on ne peut pas arriver à pied par la Chine, il faut engager un passeur…

Une arrivée tumultueuse à Pékin

Après deux traversées de la frontière Mongolie-Chine (j’avais oublié mon passeport à l’hôtel), j’arrive enfin dans ce dernier pays de l’aventure. J’essaie de faire du stop pour m’avancer vers Pékin qui n’est plus qu’à 600km mais les Chinois ne semblent pas comprendre le concept… Beaucoup ralentissent en me voyant le pouce levé, certains s’arrêtent et me prennent en photo… Mais aucun ne me veut dans sa voiture. Je me décide à trouver un hôtel, et je me retrouve dans un 4 étoiles où je négocie le prix de la chambre. Je finis par payer à peine 12€ au lieu de 40 et après avoir fait un basket avec des Chinois dans la rue, je m’endors dans un luxe bien mérité.

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DA-BIEN-CHUA BEI-JING

Le lendemain, je demande au staff de l’hôtel de me faire un panneau avec écrit « Pékin » en Chinois. Mais en fait, ils ne comprennent pas pourquoi non plus. Je leur demande donc de traduire « auto-stop » et « pékin ». Comme le terme d’auto-stop n’existe pas, il est traduit « free ride ». Ça promet… Mais une heure d’attente sur le bord de la route plus tard, après m’être fait pris en photo une bonne quinzaine de fois, un couple s’arrête et me propose de m’emmener à une centaine de kilomètres. Le mec est tellement content qu’il appelle tous ses potes sur Facetime pour montrer qu’il a embarqué un étranger dans sa voiture. Ils me déposent à un péage où les employés, après m’avoir invité à manger car ils pensaient que je n’avais pas un rond, commencent à demander à toutes les voitures s’ils vont à Pékin et s’ils peuvent m’emmener. Moi je n’ai plus rien à faire, je suis allongé pépouze à côté ! Au bout de deux heures, on me hurle dessus et je monte dans la voiture de Mr Liu.

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Mr Liu, avec son traducteur Anglais

Mr Liu (faux nom) ne paye pas de mine dans son tee-shirt Mike Tyson. Mais en réalité, c’est le PDG d’une entreprise cotée à la bourse de Hong-Kong. Rien que ça. Il est accompagné de son chauffeur et traducteur Mongol et de son traducteur Anglais. Il reste très évasif sur la nature de son déplacement à la frontière Mongole et refuse de me dire le nom de son entreprise… Son chauffeur fait fi des embouteillages géants (+ de 50km) pour rentrer dans Pékin et se cale à 160km/h sur la bande d’arrêt d’urgence. Au calme. Mr Liu est assez impressionné par mon périple et insiste pour me réserver une auberge de jeunesse avec son téléphone, et me conduit juste devant. Un dernier « ride » incroyable, à la hauteur de mes espérances pour la fin de cette aventure !

Ma randonnée sur la muraille de Chine

J’ai tout de suite détesté Pékin. Trop de monde, trop bruyant, trop antipathique, trop sale. L’auberge où j’étais est sûrement la pire auberge que j’ai faite de ma vie. Ma chambre de 4 personnes hébergeait 3 Chinois complètement dégueulasses qui laissaient traîner des bouts de viande un peu partout. La Chinoise dans le lit à côté de moi m’a filmé pendants deux jours non-stop. Dès que j’arrivais dans la chambre, elle sortait son téléphone et le braquait sur moi pendant une heure. Pourquoi pas. J’espère qu’elle avait un 64go…

J’ai donc commencé à me renseigner sur la muraille de Chine, et comment y faire une rando. Le problème, c’est que Google est bloqué en Chine, donc mieux vaut faire vos recherches avant… Après avoir écumé les sites qui parlent de randonnées sur la muraille de Chine, je me suis décidé à me la jouer casse gueule et à partir sur une partie non restaurée (et interdite d’accès) de la grande Muraille. J’ai donc pris un bus, puis un taxi pour me rendre sur le tronçon sauvage de Jiankou. L’objectif était de rallier le tronçon restauré et (très) touristique de Mutyanu. J’arrive à Jiankou sur les coups de 17h après un trajet sympathique avec mon chauffeur de taxi. Il m’emmène au départ de la rando mais me met en garde, c’est très très dangereux. Let’s Goooo !!

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L’escalade d’une vie

Après une heure de marche dans la forêt, avec un gros dénivelé, je me perds. Je ne suis plus sur aucun des chemins indiqués par ma carte. La muraille serpente sur toute la crête en haut donc je me dis que je n’ai qu’à monter, et je tomberais bien dessus. Grave erreur. J’arrive exténué en vue de la muraille et là je me rends compte à quel point j’ai été bête. Un mur de 10 mètres de haut se dresse devant moi. Hé oui, c’est pas si facile d’aller sur la muraille de Chine, c’est justement pour ça qu’elle a été construite !! J’ai pris la photo ci dessus en pleine escalade à flanc de la muraille !! Le truc le plus dangereux du voyage je pense, escalader un mur de 10 mètres avec un sac à dos de 15 kilos…

J’arrive enfin sain et sauf et je foule pour la première fois la muraille de Chine. C’est vraiment un sentiment incroyable. Je suis seul, au coucher du soleil, rien d’autre en vue que la grande muraille qui serpente surplombant la végétation. Je l’ai mérité bordel !!

randonnée muraille de chine

Petite frayeur mais tout va bien !

Camper sur la Grande Muraille de Chine

Camper sur la Grande Muraille, c’est pas très légal. Mais de toutes façons, j’ai croisé 14 panneaux avec marqué « interdiction d’entrer » depuis mon départ donc je ne suis plus à ça près. De toutes façons, bon courage aux Chinois qui voudront venir me chercher ici. J’avance dans ma direction et je me mets en quête d’une tour de garde assez haute pour pouvoir admirer le coucher et le lever du soleil. C’est un peu casse gueule, mais rien à côté de ce qui m’attend le lendemain. Je « plante » ma tente sur la plus haute tour de garde de la vallée : le kiffe total.

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Le bivouac de rêve

Je profite des derniers instants de la journée mais la brume m’empêche d’admirer le paysage. Elle donne néanmoins une atmosphère très particulière et je reste dehors jusque tard dans la nuit. Le lendemain, je me réveille à 4h pour admirer le lever du soleil, mais malheureusement, la brume ne s’est pas envolée et en plus, il pleut… Je reste capitonné dans ma tente jusqu’à 10h et je profite d’une accalmie pour replier tout le matos. J’ai lu dans tous les guides, tous les sites web qu’il ne fallait surtout pas marcher sur ce tronçon de muraille quand c’était mouillé, mais je suis coincé. Je décide d’avancer et d’aviser si ça devient trop casse gueule.

L’incroyable randonnée sur la Muraille de Chine

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Roller coaster

J’ai rarement autant souffert physiquement en une journée. Je pense que le seul autre jour comparable, c’était lors de mon coma sur une plage de Nouvelle-Zélande. Au début, ça allait. Bien qu’un peu délabrée par endroit, il y avait toujours des marches. Ça monte, ça descend, ça monte ça descend. C’est crevant, mais pas vraiment dangereux. Mais arrivé à l’embranchement de Jiankou, c’est une autre affaire. La muraille s’efface totalement et on avance dans la forêt qui a repris ses droits sur l’ancienne construction. Et quand ça monte, on est à flanc de montagne… C’est assez vite devenu un enfer.

randonnée muraille de chine

On se la tente en mode toboggan ?

Toute la journée, j’étais seul face à la Grande Muraille. De tour de garde en tour de garde, j’ai vraiment mené une lutte acharnée pour ne pas craquer. Je me suis fais très peur plus d’une fois. Un conseil si vous y allez un jour : ne jamais sortir de la muraille. Il est très simple de se dire que le chemin est moins casse gueule si on coupe par la forêt juste à quelques mètres. Grave erreur. Il y a très peu d’accès qui permettent de retourner sur le mur. N’en sortez jamais. J’en connais qui sont sortis, ça s’est mal fini 🙂

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De tour de garde en tour de garde

Vers 17h, j’étais à bout. J’ai dû parcourir à peine 3km depuis le début de la journée. Je suis sale, trempé et mes jambes ne me répondent plus. En plus je commence à gravement manquer d’eau. Je viens de croiser un groupe de ricains avec un guide qui a paru très surpris de me trouver là tout seul. Il me demande des détails sur le parcours que je viens de faire, d’où je viens, etc. Il m’indique une tour de garde un peu mieux rénovée que les autres où je pourrais camper tranquille.

Une heure plus tard, j’y arrive à bout de force. Malheureusement, deux photographes Chinois se sont accaparés les lieux et mettent de la musique à fond. Très peu pour moi. Je leur taxe de l’eau et rassemble mes forces pour rejoindre une autre tour, à 30mn de marche.

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L’enchaînement des tours

Quand j’ai pris la photo ci dessus, j’étais déjà à bout. Je devais dormir sur la plus haute tour… Ça ne parait pas si loin, mais à chaque tour, on redescend de 200 mètres pour remonter de 400 juste après.

J’arrive complètement lessivé mais seul à ma tour de garde. Les Chinois m’avaient prévenu, elle est délabrée. Ils m’ont dit que je ne pouvais même pas poser ma tente mais je trouve un endroit magnifique sur le toit de la tour avec une vue sublime. Il y avait juste assez de place pour la tente, il fallait quand même faire gaffe quand on sort pisser la nuit.

randonnée muraille de chine

Incroyable vue sur la muraille qui serpente au fond

Comme vous pouvez le voir sur la photo, la brume s’est levée en fin de journée, et j’ai assisté au plus beau coucher de soleil de toute ma vie. Je n’étais pas au top physiquement et légèrement assoiffé mais une fois mon bol de nouilles Chinoises en mains, posé sur une corniche à regarder le soleil disparaître derrière la Grande Muraille, plus rien de ce que j’avais enduré pendant la journée n’avait d’importance. Pour profiter pleinement de ces moments, il faut passer par la case souffrance.

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Repas de pauvre, mais vue de riche

Le lendemain, bénédiction pour mes jambes, c’est une grosse descente vers Mutyanu qui m’attend. J’arrive sur les coups de 10h du matin au niveau de la partie restaurée de la muraille. Aucun intérêt. La muraille à été entièrement restaurée en 1980 et c’est une zone ultra ultra touristique. Je descends à toute allure dans le sens inverse de tous les touristes qui montent sur les belles marches de cette nouvelle muraille. Certains ne se fatiguent même pas et prennent le téléphérique, puis redescendent en toboggan (sans rire, ils ont foutu un toboggan…). Sale, assoiffé et puant, je ne fais même pas attention aux centaines de touristes Chinois hurlant à la mort et aux Américains obèses qui se pavanent un hot-dog à la main. Ils souffriront moins que moi, mais il ne vivront jamais ce que j’ai vécu hier soir.

Cet article retrace mon expérience de randonnée sur la muraille de Chine. Bientôt, j’écrirai un autre article plus complet et moins centré sur moi même, où je détaillerai les tronçons « randonnables », les points d’accès et toutes les infos utiles. En attendant, et pour faire bonne figure, n’allez pas à Jiankou seuls et sous la pluie, c’est dangereux 🙂

L’avancement du voyage

 

Episode précédent : Paris-Pékin en stop (Partie 12) : Deux semaines de moto en Mongolie !!

 

– Nicolas

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