Paris-Pékin en stop (Partie 4) : Je fais du bateau stop jusqu’en Lettonie !

paris pékin autostop

SA-ROU-MAAANE

Après ma nuit dans une cabine de bateau, une première pour moi, Armin et Petra, mes hôtes, me proposent de m’emmener à Copenhague. C’est à deux heures de route et je soupçonne que ce ne soit pas tout à fait leur route… Mais un lien s’est tissé entre nous en l’espace d’une soirée et ils insistent pour m’aider davantage dans mon aventure ! Ils me déposent dans une station service (une fois n’est pas coutume) et je me mets en chasse d’une voiture à la plaque d’immatriculation Suédoise, pour avancer au maximum. Regarder les plaques est très important, car c’est souvent inutile de demander à des voitures Danoises si elles vont en Suède.

Il ne me faut pas plus de 10mn pour trouver mes prochains conducteurs. C’est un couple de Danois qui habitent en Suède qui accepte de me déposer près de Malmö. Ce ne fut pas un long trajet mais c’était l’occasion de (re)prendre le sublime pont/tunnel qui traverse la frontière Suédoise.

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Cinquième frontière franchie avec succès !

Je me fais ensuite récupérer par un très sympathique Suédois. Il s’appelle Nicolas et a mon âge. Mais lui est marié et a deux enfants. On compare nos vies bien différentes en rigolant (enfin pour ma part :D). Il me déposera dans une énième station service. Mais celle ci est différente. Je me rends compte qu’en Suède, il n’y a pas d’aires d’autoroute avec des stations services comme en France. Ce sont des sorties d’autoroute. Ça n’a l’air de rien mais ça fait une différence énorme pour le stop car la majorité des gens habitent dans le coin et ne vont pas plus loin… C’est ce qu’ont vite compris les deux autos-stoppeurs Allemands que je rejoins dans cette station service. On se repère vite entre auto-stoppeurs, qui plus est dans une station service vide.

L’enfer de l’auto-stop en Suède

Ces deux Allemands ont comme projet fou d’aller jusqu’en Inde en stop. Mais en passant par la Turquie, l’Iran, le Pakistan… Je les rejoins à environ 17h et ils me disent attendre ici depuis 10h du matin !! On passe deux heures ensemble mais, en bon auto-stoppeur, je suis la règle n°1 et je leur laisse tenter leur chance en premier. Ils fatiguent vers 19h et appellent un mec qui habite à côté qui leur avait dit le matin : « Si vous êtes encore là ce soir je vous héberge ». Ils ne se font pas prier et le mec rapplique en 5 minutes. J’essaie de m’incruster pour chopper un lit gratuit mais le Suédois n’a pas vraiment l’air de cet avis. Je n’insiste pas et essaie de sortir de cet enfer pendant encore une heure. Mais je comprends vite que c’est peine perdue. Et surtout, le lendemain matin, les deux Allemands vont rappliquer, et je devrais attendre qu’ils trouvent une voiture avant de partir… Je décide donc de rebrousser chemin d’une dizaine de kilomètres avec un conducteur qui va dans l’autre sens et fais du stop à l’entrée d’autoroute précédente.

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Manger pour ne pas perdre patience

Je me pose donc à l’entrée de la même autoroute et mange un sandwich offert par le patron de l’aire d’autoroute d’avant. Il m’en a donné cinq qui allaient finir à la poubelle. Au moins je bouffe gratos ce soir. A 22h, n’ayant pas eu plus de chance, il fait trop nuit pour continuer et je décide de planter ma tente un peu caché dans cette vieille zone industrielle. C’est fatigué, inquiet, en luttant contre une odeur pestilentielle et des bruits de déchargement de camions que je peine à m’endormir.

Le lendemain matin, je me rends au même endroit et je commence à faire du stop à 5h30 du matin. Vers 8h, les deux Allemands d’hier se font déposer ici par leur hôte. On se raconte nos soirées bien différentes, eux devant un petit film dans un lit douillet et moi dormant à côté des égouts. Ils essaient la station service d’à côté mais je les préviens que c’est un mauvais plan, et je continue d’attendre à l’entrée de l’autoroute. A midi, je n’en peux plus et accepte un « ride » de 10 minutes dans ma direction. Le mec ne parle pas anglais et m’emmène littéralement dans la cambrousse Suédoise. Je dois marcher une heure pour rejoindre l’autoroute. Je suis épuisé et traîne mon sac de 20kg sur plus de 45mn quand un Suédois a pitié de moi et s’arrête. Il me propose de m’emmener dans une « vraie aire d’autoroute » à 15mn en voiture. Je me retiens de lui sauter dessus, de l’embrasser, de le ramener à Paris, de prendre un appart, de l’épouser et de fonder une famille heureuse. Je me contente d’un grand merci et attrape rapidement une voiture direction le Nord. Je suis tellement fatigué que j’ai juste envie de dormir, mais le conducteur tient à faire la conversation pendant les 3 heures de route. C’est normal et je ne songe même pas à lui dire que je suis fatigué, l’auto-stop, c’est parfois la concession du confort. Mais il y a des fois où l’on rêve juste d’un bus et de silence…

Repos mérité dans mon ancienne ville d’Erasmus

C’est exténué que j’arrive à Linköping, la ville où j’ai fait mon Erasmus en 2012. Je passe 4 jours à me reposer et à parcourir les mêmes allées du campus étudiant où j’ai fait les 400 coups pendant un an.

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Mon ancien logement étudiant

Bon ce n’est surement pas la photo la plus sexy que j’ai mise sur ce blog mais vous savez, je suis un grand sentimental. J’ai même poussé le vice en attendant une heure devant la porte de mon ancien appartement qu’un locataire actuel accepte de me laisser entrer pour « visiter ». Je lui parle de mon aventure et il m’invite à une soirée qu’ils organisent ce weekend dans l’appartement. Je profite également de ce séjour pour revoir un ami Suédois qui habite ici et je passe le reste de mon temps à flâner et à entretenir le blog.

Le Dimanche, je reprends la route direction Stockholm et me fait conduire par une super mamie. C’est étrange car on se dit qu’avec un jeune on aura plus de sujets de conversation. Mais avec elle, les 3 heures sont presque passées trop vite ! On a parlé de pêche et elle m’a raconté tous les potins de son club de bridge, et laissez moi vous dire que les mœurs des joueurs de bridge sont plus pimentées qu’il n’y parait. A Stockholm, je rejoins mon ami Suédois Jakob qui a proposé de m’héberger. Ça fait 5 ans qu’on ne s’est pas vu, mais c’est comme si on s’était quittés hier. On passe deux jours supers, et je décide d’aller au port. Car en effet, la suite du voyage, c’est la Lettonie ! Et pour aller de Stockholm jusqu’en Lettonie, c’est en bateau que ça se passe…

La tentative de bateau stop

Je me rends donc à l’embarcadère des ferrys Tallink qui font la liaison Stockholm-Riga. Le but est de réussir à parler à un manager, de lui expliquer mon aventure et d’obtenir une cabine gratuite dans un bateau. Plutôt osé, mais j’ai confiance ! Je mets plus de deux heures à trouver un manager. J’ai dû demander à une dizaine d’employés qui m’ont tous répondu la même chose ! « Envoyez un E-mail ». Ayant la conviction que mon E-mail ne sera jamais lu par qui que ce soit, je séduis une une guichetière Suédoise et use de mon charme Français pour qu’elle appelle son patron. Il arrive et je lui explique la situation et mon objectif. Il garde une tête dénuée d’expression tout au long de mon monologue, c’est pourquoi je suis d’autant plus surpris quand il me répond « Yes, I like it ! You have yourself a cabin for tomorrow. ». Je me retiens de l’épouser lui aussi et il m’imprime mon billet pour le ferry du lendemain. Et en première classe avec vue sur la mer qui plus est !!

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Le Graal !

Je fais mes adieux à Jakob le lendemain et file en direction du ferry. Le « Isabella » m’attend et je prends possession de ma cabine tout confort. Je passe le plus clair de la soirée à profiter de la vue et du coucher de soleil sur la mer Baltique et n’hésite pas à me faire un buffet gargantuesque.

Je suis bien content de quitter la Suède qui est de loin le pire pays où j’ai fait du stop. D’ailleurs les deux Allemands ont rapidement abandonné leur projet et ont pris un avion direction la Turquie… Mais en attendant que la patience me quitte (ce qui n’arrivera pas !) je savoure mon bonheur d’avoir réussi le pari du bateau stop et je regarde Riga s’approcher. Il y a tout de même 17 heures de traversée, j’ai donc tout le temps de prendre en photo les magnifiques îlots au large de Stockholm. J’atteindrai Riga au petit matin et croyez moi, l’accueil que me réservent mes amis Lettons vaut bien toutes les peines du monde. Mais ça, ce sera dans l’épisode 5 !

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Les îlots de la baie de Stockholm

L’avancement du voyage

 

Episode précédent : Hébergé sur un bateau au large du Danemark !

Episode suivant : Je traverse la frontière Russe à pieds !!

– Nicolas

 

 

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